• 5...Seconde guerre mondiale - 39-45;

    Ecrit le 26 avril 2011 - modifié en 2014 et 2017 -

    Compte à rebours:

    Eté 1944:

    21 Juillet 1944, au moment de l'attaque du Vercors -

    - peu avant midi, un avion survola Saillans et tira sur tout ce qui bougeait.

    Le soir, la colonne allemande remonte de Crest vers Die et le Vercors par la nationale 93. Accrochée au pont des Grands Chêneaux, entre Aouste et Blacons, elle est encore sur la défensive quand elle arrive par les deux rives de la Drôme à Saillans. Elle fouille les rues.

    Montagne de Chabrier, la nuit, les allemands mitraillaient les maquisards au dessus du cimetière, qui se faufilaient dans les pierrailles et la végétation, munis de lampes de poche.

     

    Tunnel de Saillans en 1943 - reproduction interdite.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Au détroit, les résistants placés sur les rochers de la rive droite et à la sortie du tunnel sur la rive gauche, déclenchent le tir avec des armes automatiques. Les allemands incendient les fermes et les cabanons au fur et à mesure qu'ils progressent. Ils tuent les personnes qui tentent de fuir. La colonne arrive à Espenel et met le feu au village. Un détachement de soldats,

    resté sur place,

    achèvera au cours des jours suivants,

    de piller et de détruire ce qui n'a pas brûlé le premier jour. Il ne restera debout que la vieille école. 

    Saillans: les hommes de 17 à 30 ans ont été raflés et déportés en Allemagne. Source "Ecoles en Diois" témoignages de 1940 à 1970 recueillis par Hervé Bienfait.

    Les allemands brûlèrent un garage à l'entrée de Saillans. Ils y avaient découvert un stock de sucre de la Résistance. C'est l'usine suisse qui aurait sauvé le bourg.

    En effet les suisses saillansons de l'usine parlant l'allemand; l'attitude des militaires allemands semble avoir été plus conciliante. 

    Hiver 1943 1944:

    Après le déraillement du train de permissionnaires de l'armée allemande, acte de résistance dans la nuit du 21 au 22 décembre 1943 à Vercheny, 57 jeunes hommes originaires ou réfugiés dans la région sont arrêtés par la Gestapo à Vercheny, Pontaix, Barsac et Sainte Croix, pour être déportés dans les camps de concentration nazis après une rafle de 80 hommes entre 18 et 45 ans;

    56 originaires du Diois ou réfugiés dans la vallée et 1 jeune homme de 17 ans venant de l'Ardèche qui parlait de rejoindre les maquis drômois. 

    Dans leur train, les soldats  allemands avaient allumé des braseros et quand les wagons se sont couchés, ils ont pris feu. 19 soldats allemands sont morts.

    Mais pourquoi fallait-il 57 otages aux nazis ?

    Il semblerait que leur objectif était de 3 otages pour chacun des morts de l'armée allemande.

    Arrestation: le 27 décembre 1943, les hommes de Vercheny sont arrachés à leur pays et emmenés dans le train des déportés, leurs camarades de Barsac, Pontaix et Sainte Croix étaient déjà dans les wagons, raflés par la Gestapo;

    un jeune homme s'était éclipsé aux cabinets, les portes du wagon refermées, malheureusement il sortit des toilettes avant le départ du train et les nazis ont ouvert le wagon pour le pousser à l'intérieur.

    Le train a démarré, ce malheureux est mort dans les camps de concentration.

    Après avoir passé deux nuits et un jour dans les sous-sols de la Gestapo de Lyon (avenue Berthelot), ils sont transférés dans le camp de Royallieu à Compiègne.

    Où Les otages sont regroupés avec d'autres hommes venant de toute la France martyrisée. A destination de l'Allemagne, ils seront entassés dans des wagons à bestiaux (les wagons plombés que chante Jean Ferrat dans Nuit et Brouillard),

    cent vingts êtres humains dans chaque wagon qui auraient pu accueillir 8 chevaux ou 40 soldats.

    22 janvier 1944: deux mille cinq hommes écrasés par la terreur pour cet atroce transport, avec les 57 raflés en représailles dans le Diois.

    Un peu d'eau à Coblence - Rhénanie, mais beaucoup n'en ont pas eu. Arrivée le 24 janvier 1944 au camp de concentration de Buchenwald (Thuringe-Allemagne).

    Un mois après, les 22 et 24 février, quelques-uns des hommes du Diois sont transférés à Mauthausen, la majorité à Flossenbürg. Beaucoup iront au kommando de Dora.

    Le Diois rend hommage chaque année à ses 57 hommes assassinés, meurtris jusqu'au fond de leur âme, détruits; crimes perpétrés sciemment.

    Horreur unique, horreur absolue, pour les survivants leur malheur ne sera jamais semblable à aucun autre dans le monde et dans le temps.

    Du transport des 2005:

    14 s'évadent et ceux qui restent dans leurs wagons finissent le transport entièrement nus en plein hiver, les SS clouent des planches à la place des portes, démontrant qu'il n'y a pas de limites à l'enfer auquel ils destinent les déportés.

    De ce transport:

    sont revenus: 49,4 %;

    sont morts ou sont disparus dans les camps: 42,1 %.

    les chiffres sont froids 67 ans après: évadés 14 soit 0,7 %, sorts non connus 157 soit 7,8 %,

    et l'horreur persiste intacte, inoubliable. 

    Parmi les 57 déportés raflés:

    à Sainte-Croix, Pontaix, Barsac et Vercheny: 

    38 ne survécurent pas aux camps nazis ou sont morts peu de temps après leur libération : plus de 66 %.

     

     

    - A mon père et pour sa mémoire -

     

    - André Oddon -

     

    ...camp de concentration de Buchenwald libéré...

    ....Camp de concentration nazi de Buchenwald libéré....

    Buchenwald s'appelait Ettersberg avant les nazis, ils ont changé le nom qui rappelait Goethe,

    insupportable à leurs oreilles.

    Train déraillé à VERCHENY, la grue mise en place pour déblayer

    Grue utilisée par les allemands pour extirper les débris du train déraillé - source Musée Virtuel de la Résistance.

     

    - PONT SUR LA DRÔME A SAILLANS -

     

     

    ..... Pont sur la Drôme à Saillans - 1942 - 1945 et 1906 .....

     

     

    Pont de Saillans, l'arche côté Col de la Chaudière fut dynamitée le 24 juin 1940,

    par une unité du génie de l'armée française, en prévision de l'invasion allemande;

    Reconstruction de la partie détruite: 1945.

     

     

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